0 avis
Français de souche coloniale
Livre
Edité par AOC. Paris - 2026
Lorsque l’on parle des « Français de souche », eux-mêmes d’emblée dépositaires d’univers culturels distincts sinon fondamentalement différents, c’est dans le but de tracer une ligne de démarcation nette entre les Français issus des nations organiques que l’on fit fusionner dans l’Hexagone pour fonder la nation politique et ceux venus plus récemment de pays étrangers. Mais que dire de ceux qui ne vinrent jamais en France (Nouvelle-Calédonie, Guyane, etc.), ne la rencontrant que lorsqu’elle fondit sur eux pour ne plus jamais les laisser respirer ? La présence au sein du démos de ces populations contraintes à l’intégrer, forcées d’épouser la France afin de survivre à son invasion comme à son action prédatrice, n’est jamais mentionnée dans ces débats qui animent le pays, entre exigence de l’assimilation ou prophétie de la créolisation. Ces Français-là peuvent également revendiquer une souche française : le canal historique à travers lequel s’effectua leur entrée dans la nation. La dénomination idoine, eu égard à la souche, serait, dans ce cas précis, celle de : Français de souche coloniale. C’est la volonté coloniale de la France qui força ces corps, ces langues, ces spiritualités, ces visions du monde, à abandonner toute perspective d’autonomie, de souveraineté. Que signifie être Français lorsque cette condition est l’aboutissement d’un processus colonial ? À quelle modalité de l’assimilation doit-on être soumis lorsque l’on se trouve sur sa terre ancestrale ? Il ne s’agit pas de remplacer la culture produite en France européenne, dans le brassage des ethnies qui s’y rencontrèrent. Ce qui est proposé, c’est d’ajouter à cette beauté celle de ceux dont on alla détruire l’univers.